éditos des saisons précédentes

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Saison 2015 – 2016

Libres !

Rire de Résistance / saison 9

couverture brochure saison 2015-2016 / crédit illustration : Stéphane TrapierLe Théâtre du Rond-Point, devenu celui des auteurs vivants, tente chaque année de saluer avec joie l’insolence d’être, la liberté de la différence, celle de penser ailleurs, de fuir les horizons de papier, les équations résolues et les enseignements du consensuel.
Voilà qu’en janvier de cette année 2015, ceux-là mêmes qui incarnaient l’esprit de révolte face à l’acharnement du bon sens et à la tyrannie des gens qui savent, ont été assassinés par l’abject fondamentalisme qui s’empare jour après jour de cerveaux vidés par une époque avachie dans ses certitudes, son bon goût et l’étroitesse de sa morale. C’est en hommage à tous ceux qui sont tombés, le rire de résistance au poing, sous les balles de têtes brûlées par le réchauffement d’une planète que consume
la haine des fous de Dieu et la barbarie aveugle du fanatisme, que nous continuons à rester debout, libres et vivants en leur dédiant cette treizième saison de notre théâtre. Jean-Michel Ribes
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Saison 2014 – 2015

Simple !

Rire de Résistance / saison 8

Visuel saison 2014-2015 / crédit illustration : Stéphane TrapierLe XXIe siècle débute quinze ans après sa naissance, comme ses prédécesseurs. Peut-être a-t-il plus de mal à naître que les autres, s’accrochant à des idéologies épuisées portées par des pensées sans renouveau pour lutter contre la crise qui l’étouffe, avec pour seule arme la simplification du monde. Simplifier le langage, simplifier les idées, simplifier les morales et les comportements, simplifier l’amour, le diable et l’erreur sans jamais considérer le foisonnement de l’univers et sa complexité qui en est sa richesse, sans jamais envisager une renaissance, une révolte salutaire, une mise hors d’état de nuire de comportements économiques mortifères qui rouillent l’espoir et le devenir. Devant la peur d’un inconnu nécessaire, la simplification apparaît comme le salut d’une société qui s’embourbe dans une réalité dont elle ne veut pas abandonner l’héritage.
Mais simplifier n’est pas éclairer, simplifier n’est pas voir devant, c’est simplement réduire, rétrécir, c’est parvenir à ne plus douter, à pouvoir enfin désigner le coupable sans hésiter, c’est fuir la pensée et choisir le raisonnement, c’est détourner le rêve et échapper aux nuages pour, sans faillir, encadrer, aligner, et ne voir qu’une tête, à mon commandement, en avant, marche ! C’est pourtant simple, le Noir est Noir, le Blanc est Blanc, Dieu a créé le Monde et le premier Homme est Adam. Ouf, on respire ! C’est simple ! Lent retour en arrière où l’autre, l’étranger, le différent est l’ennemi, retour à la force justicière, à l’Homme dominant et homophobe qui remet les pendules à l’heure, retour au racisme salvateur et à la xénophobie décomplexée, retour à l’humour noir horriblement blanc porté par un humoriste africain. Enfin les ténèbres accourent protégeant notre regard de la vivifiante iconoclastie d’une planète jeune creusant des galeries vers la joie d’être ensemble… « Ami entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines »… et surtout sur nos villes. Alors il reste le Théâtre, accueillant la vraie vie, celle des hommes qui repoussent le déclin des cervelles simplifiées… Rigolade et pied de nez à ces clowns noirs qui galopent dans l’obscurité d’un passé effondré.
 Jean-Michel Ribes


Saison 2013 – 2014

Sources

Rire de Résistance / saison 7

couverture saison 2013-2014 / crédit illustration : Stéphane TrapierQuels sont ces plaintes, ces cris, ce désarroi, d’où vient cet abattement ? Aurions-nous peur de quitter ce vingtième siècle qui n’en finit plus de mourir, peur d’un avenir vide, de son libéralisme aveugle, de ses privilèges définitifs, de ses acquis sociaux immobiles, de ses Républiques épuisées, de ses « trafisc » en tout genre, de son Europe exsangue ?

Quelle panique nous saisit devant ce monde qui s’ébroue, se meut, veut renaître autrement, débarrassé des égoïsmes rigides, des morales à bout de souffle et des pensées sans utopie ? Un monde qui s’échappe de cette époque que Saint-Exupéry haïssait de toutes ses forces car, écrivit-il : « Elle laisse l’Homme mourir de soif. » Ce siècle il est vrai nous a déshydratés, la joie se tarit et l’espoir d’un lendemain joyeux s’assèche. D’autant qu’après tant d’autres, deux grands porteurs d’eau viennent de nous quitter, l’un nous laissant Diablogues et Naïves hirondelles pour égayer nos journées grises ; l’autre faisant danser dans nos larmes son Magic Circus et ses animaux tristes.

Pour autant, n’en déplaise à ceux, souvent haut placés, qui clament qu’en temps de crise la culture ne doit pas être la priorité d’une nation, c’est l’art et lui seul qui nous apporte l’eau claire et la résistance à la désertification des rêves. C’est dans les théâtres que jaillissent l’enchantement, les horizons inexplorés et l’espoir d’un avenir bondissant. Petits ruisseaux et grands fleuves qui mènent vers ce nouveau monde tant attendu prennent souvent source sur scène. Venez vous y désaltérer, vous rafraîchir pour quitter joyeusement les funérailles de ce siècle calcifié.
 Jean-Michel Ribes


Saison 2012 – 2013

Le verbe Vivre

Rire de Résistance / Saison 6

couverture saison 2012-2013 / crédit illustration : Stéphane TrapierL’engrossant de cinq cents mots truculents, joyeux et révoltés, Rabelais lui donne vie, libérant à jamais d’un latin épuisé d’ordre et de convention, la toute jeune langue française qui jaillit, offrant à la Renaissance le langage de son génie.

Débordé par sa vitalité et le foisonnement de son extravagance, Malherbe, comme on redonne vigueur au buis qu’on taille, la contraint, l’oblige à la grammaire et à la règle.

Impeccable, tendue dans l’éclat, elle permet à Racine de nous célébrer en pieds douze fois répétés la tragédie de l’Amour, puis doucement s’empare avec sensualité de Molière qui en fait le parler de tous et la comédie de toujours.

Vive et résistante aux absolutismes religieux et royaux, elle donne lumière à la Raison et piquant à l’esprit de Voltaire ; puis chante la liberté, la patrie sans culotte et lance un verbe tonnant et rugissant sous la plume d’Hugo.

La voilà menacée d’emphase, aussitôt les dadaïstes s’en saisissent et la plongent au fin fond des cocasseries de l’âme humaine, elle en ressort, distribuant avec fantaisie le vocabulaire de l’inconscient.

Goûteuse et savoureuse, Claudel la mâche tandis que Raymond Queneau et Jean Tardieu lui font la fête en valsant d’un mot sur un autre, à la place d’un autre, puis la mêlent aux chiffres pour la plus grande joie de l’Oulipo.

Enfin amoureux d’elle Guyotat l’embrasse, l’étreint, Duneton la défend tandis que Novarina l’invente et la déguise. Bondissants, fluides, revêches, enflammés, obscènes ou spirituels, les mots sont notre coeur qui bat, la viande de nos rêves, notre pensée qui court, nos larmes et nos rires, tout simplement la vie.

Mais aujourd’hui, que de grisaille, quelle lassitude, que de paroles vides, que de phrases plastifiées à force d’être mastiquées par une politique fade et rabâcheuse, sons et sens usés, dans un audiovisuel sans joie ni scandale…

Vulgaire et désarmée, la langue se traîne, les idées l’abandonnent et peu à peu la vie s’affaisse…

Reste le Théâtre, îlot où le verbe vivre resplendit. Merci aux nombreux auteurs de lancer sur scène la jouissance de leurs mots pour que la vie s’invente, se colore et s’envole à nouveau. Jean-Michel Ribes


Saison 2011 – 2012

Dans quel état sommes-nous ?

Rire de Résistance / saison 5

couverture saison 2011-2012 / crédit illustration : Stéphane TrapierY’a de la joie !
Quelle invisible pollution s’est abattue sur nous, gens de l’Occident, inventeurs du monde, qui peu à peu nous assoupit l’esprit, endort nos révoltes, affadit nos joies ? De quelle anesthésie sommes-nous victimes ? Dans quel sommeil nous englue-t-elle lentement ? Vers quel coma d’une civilisation définitivement figée dans la confortable certitude d’être l’essence du genre humain et sa sauvegarde, nous entraîne-t-elle? Quelle est cette médecine que l’on nous inflige, faite de politiques immobiles et sécuritaires qui stimulent la peur de l’autre – surtout lorsqu’il vient de loin – et nous fait perdre conscience pour mieux nous en protéger ?
Qui nous replie, nous rétrécit, nous paralyse ? Dormons-nous ? Dormons-nous ? Impuissants à sonner les Mâtines ?
Dans quel état sommes-nous ? Dans quel état sont nos États ? Nous avons pourtant toujours su nous épouiller de nos étouffements tyranniques. En témoignent la Renaissance, la Bastille, et autres résistances à l’asservissement et au recul. Aujourd’hui cela tarde. Que serions-nous devenus si soudain, loin de nos frontières fortifiées et de nos savoirs impeccables, dans une petite ville du désert où rien ne semble exister, un jeune homme en s’immolant par le feu n’avait fait rejaillir la vie en rappelant au monde que rien ni personne n’interdira la joie d’être libre.
Le Rond-Point fête sa dixième saison, célébrant encore une fois des auteurs vivants qui à travers leurs créations vous donneront, j’espère, l’envie de vivre éveillés et joyeux. Jean-Michel Ribes

Le Rond-Point a 10 ans : Pas de lettres, des chiffres

250 auteurs joués 480 auteurs lus 2 700 acteurs 200 metteurs en scène 12 chorégraphes 60 débats de société 65 spectacles en tournée 30 pièces filmées et éditées en DVD 2 230 000 spectateurs dont Madame Vallée 6 ministres de la Culture 1 maire 1 adjoint à la Culture 138 quintes de toux pendant un spectacle 5 évanouissements 40 lapins dont 1 angora 8 hamsters 11 000 manuscrits reçus 1 200 000 couverts 10 partenariats média 4 mécènes 127 objets oubliés dont 1 caleçon 1 200 pots de premières / dernières 13 500 bouteilles de vin 6 naissances 65 389 gobelets en plastique 272 623 cacahuètes et noix de cajou 1 alerte à la bombe avec évacuation 1 inondation 50 vols dans les loges 4 bras cassés 1 attaque cardiaque 2 800 engueulades de 70 à 100 personnes dans l’équipe 6 400 baisers d’amoureux dans les jardins

Dix ans, ça en fait des rencontres, des entrées et des sorties, des enrichissements mutuels. Lieu ouvert à tous les tours de forces, aux tirs à vue sur l’avachissement des consciences et les idées reçues, le Rond-Point fête ses dix ans en juin avec le concours de la Mairie de Paris. Les fidèles, auteurs vivants, acteurs phares et autres complices se réunissent autour de Jean-Michel Ribes et de son équipe pour offrir une fête anniversaire le samedi 30 juin 2012 et célébrer l’insolent succès de la jeunesse du théâtre.


Saison 2010 – 2011

Les monstres

Rire de Résistance / saison 4

couverture saison 2010-2011 / crédit illustration : Stéphane TrapierOrigine. La nôtre.
Irruption. Ainsi naissons-nous. Sans norme ni contour. Lave mêlée, viande rouge, gènes en fusion, cheveux frisés, sexe divin, cœur au galop et pensées sans fin. Nous jaillissons refusant d’emblée ce monde où la parole ne peut dire l’immensité de nos désirs, la fureur de nos rêves et notre douleur d’exister. Nous crions, rage et panique, dès l’apparition de nous mêmes enfermés dans une peau d’humain. Le combat pour la liberté va durer quelques mois puis, sous les coups répétés de la civilisation raisonnante, notre génie considérable va se réduire en morale tiède et bon goût parfumé avec, comme seule autorisation de sortie, diverses églises où notre âme se cabossera sur des dogmes. Ainsi le bébé géant que nous sommes, l’enfant-dieu, le monstre lumineux pénètre penaud dans la cage du réel, rapetisse soudain et devient homme. Apparaît alors le secrétaire de mairie, le nouveau philosophe, le gastro-entérologue et le tennisman.
Chez certains pourtant la braise des origines ne s’est pas éteinte, elle continue de raviver le souvenir de ce jardin perdu où dans une joie complice l’enfer et le paradis nous faisaient enjamber tous les horizons par-delà le bien et le mal. Ceux-là artistes ils sont. Et leurs chefs-d’oeuvre témoignent des êtres fantasques et démesurés que nous aurions dû être.
De Polyphème le cyclope d’Homère au Minotaure de Dante, du Dracula de Bram Stoker au Quasimodo de Victor Hugo, des ogres de Grimm au Docteur Jekyll de Stevenson, de Phèdre dont Racine nous rappelle en un alexandrin qu’elle est la fille de Minos et de Pasiphaé, mi-femme mi-déesse, sans oublier Les Songes de la raison de Goya, Le Jardin des délices de Jérôme Bosch ou Les Monstres sacrés de Cocteau.
Il en est d’autres chez qui, torturés par la norme et la loi des hommes, la braise originelle s’enflamme soudain vengeresse jusqu’à leur brûler la tête. Alors surgit de leur cervelle en cendre le seul monstre noir contenu jusque-là dans nos cauchemars et qui, le temps d’un génocide ou d’un meurtre dans une ruelle, ravage une humanité qui les étouffe.
Ainsi en est-il des monstres, c’est-à-dire de nous-mêmes. Il n’y aurait pas de théâtre sans eux. En voici donc certains cette saison sur la scène du Rond-Point. Ils vous rappelleront peut-être quelque chose.
 Jean-Michel Ribes


Saison 2009 – 2010

Théâtre et musique 
ou l’inverse mais pas 
le contraire

Rire de Résistance / saison 3

couverture saison 2009-2010 / crédit illustration : Stéphane TrapierTrompette, lyre, flûte, tambour, les neuf muses ou presque tiennent un instrument de musique à la main. Même Sapho, rajoutée sur le tard au troupeau par Platon, se jette dans la mer, une harpe sous le bras. C’est dire si dès l’origine on avait saisi combien la musique était la mère de tous les arts. Pour qu’on ne s’y trompe pas on lui avait donné le nom des Muses. Mais n’est-il pas vrai qu’un poème qui ne chante pas n’en est pas un, que sans rythme ou harmonie Peinture et Architecture finiraient en poussière, et quels rires ou pleurs déclencherait le Théâtre s’il n’était une partition de mots justement composés jusqu’à la rhétorique dont la mécanique raisonnante ne nous parvient que parce qu’elle est cadencée.
C’est cette alliance, ou plutôt cet alliage qui donne sonorité à la parole et mélodie aux idées, que nous avons voulu célébrer cette année au Rond-Point en lui consacrant notre thème de la saison 2009-2010. Retrouver sur scène l’auteur et le compositeur qui parfois ne font qu’un, s’enchantant l’un l’autre quand ils sont deux. Faire sortir la musique dans le théâtre et le théâtre dans la musique en vous entraînant dans des contrées d’écriture et de composition les plus diverses. Pour vous en dire l’étendue et l’ouverture, s’il ne s’était agi que de musique seulement j’aurais intitulé cette aventure « De Boulez à Lopez ».
Sachez en tout cas qu’à travers cette nouvelle saison, fidèles à notre désir de toujours nous perdre dans l’étonnement et l’inattendu de la création, nous espérons de tout coeur pouvoir vous emmener vers des mondes meilleurs.
Si vous ressentez un léger manque de musique dans ce court éditorial, fredonnez-le. Merci. Jean-Michel Ribes


Saison 2008 – 2009

Familles, mafias et autres tribus

Rire de Résistance / saison 2

couverture saison 2008-2009 / crédit illustration : Stéphane TrapierNous sommes tous frères ici bas… et heureusement pas beaux frères! ce bref aphorisme d’un humoriste inconnu rappelle avec lucidité la réalité de notre condition humaine: la Famille. Lieu de tous les amours, de toutes les haines, des bonheurs et des violences, des massacres de l’enfance et de ses tendresses infinies. Foutoir dans lequel se débat l’humanité depuis toujours, incapable d’échapper à cette fatalité, qu’avant de naître libres et égaux nous sommes d’abord fils ou fille d’un père et d’une mère eux-mêmes ayant subi le même sort et ainsi de suite. Toute tentative pour briser cet état de chose ne fait que l’empirer. Ceux qui fuient la famille ne réussissent souvent qu’à en créer une nouvelle ou à en rejoindre d’autres, qui pour n’être pas consanguines n’en sont pas moins idéologiques, religieuses, ou politiques. Même les plus hardis, allant jusqu’à se couper du monde pour s’en libérer, ont échoué. L’anachorète perdu dans son désert se retrouve seul face à Dieu le père; quant au savant se réfugiant dans une solitude absolue pour tenter de comprendre l’univers, découvre soudain sous son microscope la cellule mère. Point d’issue donc. La famille nous constitue. Elle nous érige et nous étouffe, nous protège et nous détruit. Permanents champs de batailles où combattent sans répit désir de liberté et instinct grégaire, fierté d’appartenir à une lignée et volonté d’être soi. Mais de ce chaos naissent des étoiles: romans, théâtre, poèmes. Nous avons voulu vous offrir quelques uns de ces astres jaillis du magma familial, spectacles dont la grâce vous libèrera un instant de toute parenté. Le Rond-Point n’échappe pas aux règles. Et même si nous l’avons voulu singulière, il forme une famille. L’un de ses membres talentueux quitte cette année ses fonctions de consultante. Saluons avec affection et gratitude Josyane Horville qui reste présente dans nos esprits et dans nos cœurs. Jean-Michel Ribes


Saison 2007 – 2008

Rire de Résistance

couverture saison 2007-2008 / crédit illustration Stéphane TrapierCette saison, nous célébrerons à travers « le Rire de Résistance » tous ceux, fils et filles de Rabelais, Molière, Jarry, Dario Fo, Coluche, Picabia et autres dadaïstes, qui par le rire, la raillerie et l’insolence ont su résister à toutes les dictatures de la réalité et à l’hégémonie du sérieux. Ce sérieux qui solidifie les idées, que la morale fortifie et que le bon goût engraisse au point qu’il en finit par boucher la pensée.
Cholestérol de l’utopie et de la création, nombreux sont ceux et celles qui, par bouffonneries iconoclastes, l’ont fendillé jusqu’à ce que la lumière passe à nouveau. Pour les saluer comme ils le méritent, à côté de nos spectacles, nous avons créé l’Université du Rond-Point, sorte de Sorbonne drolatique installée dans la salle Topor où toute une série de personnalités viendront chaque soir déclencher la fureur des gardiens de la norme en nous offrant causerie, conférence ou performance pour jouir sans entrave. Jean-Michel Ribes

 

 


Saison 2006 – 2007

Pour en finir avec la réalité

couverture brochure saison 2006 - 2007 / crédit illustration : Stéphane TrapierAinsi donc le monde devient mondial, la liberté libérale, les horizons s’effacent, l’avenir se calcule, les rêves s’expliquent et la raison raisonne à tout va. Nous voici peu à peu prisonniers dans l’enclos hermétique d’un réel triomphant avec pour seul futur le possible et le permis. La réalité s’impose et les chantres de ce concret, paraît-il inéluctable, nous demandent en plus de la regarder en face. Eh bien c’est non ! La réalité c’est l’ennemi, notre défaite, notre échec. C’est là qu’on meurt, qu’on souffre, c’est là que se prélassent le crétin, le petit chef et le grand prêtre, c’est là qu’on formate nos objets imaginaires, c’est là d’où l’amour s’enfuit, c’est là qu’on construit des cités invivables, des esprits serviles et des bateaux de guerre, c’est là qu’on nous désarme de nos folies, qu’on étouffe nos utopies et qu’on assassine nos désirs.
Sortons de ce mauvais rêve, nous qui avons su parfois nous débarrasser des tyrans, des rois et des dieux, encore un effort pour en finir avec la réalité.
Cette année nous tenterons de vous dire à nouveau que la vie est plus vaste que le réel, que le monde n’est pas ce qu’il est, il est fait de désirs à inventer, de secrets qui vous appartiennent et d’ailleurs qui vous attendent. Jean-Michel Ribes

 


Saison 2005 – 2006

couverture saison 2005-2006 / crédit illustration : Stéphane TrapierÉditorial en chansonnette
Lecteur ou passant guilleret / Qui porte au théâtre intérêt / Sache que celui-ci après / N’est pas une maison d’arrêt

Ici nous aimons l’art moqueur / Qui tamponne les commandeurs /En nous faisant léger le cœur / Et le cerveau libre penseur

Refrain :  Vive le Rond-Point  / Vive le Rond-Point / Tsouin Tsouin / Vive le Rond-Point / Et son foutu tintouin

Acteurs, auteurs, ils sont grand nombre / A taper le soir quand vient l’ombre / Sur le sérieux qui vous encombre / Vos nuits vos jours et les rend sombres

Entrez, venez vous faire la belle / Des religions qui vous ficellent / Et des morales sentinelles / Assises aux deux bouts du tunnel

Refrain :  Vive le Rond-Point  / Vive le Rond-Point / Tsouin Tsouin / Vive le Rond-Point / Et son foutu tintouin

Jetez au vent n’en ayez cure / Vos habits rayés de culture / Sautez par-dessus les clôtures / Qui tiennent l’âme trop en mesure

Profitez- en pour déguerpir / Entre deux éclats de rire / Et quittez ce triste empire / Où l’ennui règne en vampire

Refrain :  Vive le Rond-Point  / Vive le Rond-Point / Tsouin Tsouin / Vive le Rond-Point / Et son foutu tintouin

Venez y perdre la raison / pour sa quatrième saison / Le Rond-Point à profusion / Reste maison a d’évasion. Jean-Michel Ribes

« Mais alors, dit Alice, si le monde n’a absolument aucun sens qui nous empêche d’en inventer un ? » Lewis Caroll


Saison 2004 – 2005

Ce Monde

couverture saison 2004-2005 / crédit illustration : Stéphane TrapierCe monde qui tremble, bouge, ce monde qui nous câline et nous fait peur, ce monde si proche et inaccessible, ce monde que nous dominons
mais qui nous commande, ce monde a petits pas et à tornades, ce monde en vrac et en loques, aveugle, perdu et pourtant en progrès, ce monde qui tombe et se relève, puis s’invente, puis se fige, ce drôle de monde si drôle avec ses amours, ses fanfares, ses bombes et ses prêtres, ce monde où chaque jour nous glissons notre vie en tentant de lui trouver un sens, ce monde enfant, ce monde énigme, autant le dire, nous n’en avons pas d’autre. Les auteurs qui composent cette nouvelle saison du Rond-Point le savent… alors avec culot, humour et violence, ils secouent notre monde, notre seul monde. Jean-Michel Ribes

« Mais alors, dit Alice, si le monde n’a absolument aucun sens qui nous empêche d’en inventer un ? » Lewis Caroll

 


Saison 2003 – 2004

Ainsi donc

couverture saison 2003-2004 / crédit illustration : Stéphane TrapierAinsi donc Jarry avait raison, Ubu est roi sur terre et le décervelage va bon train. La panse farcie de bombes, à cheval sur sa machine à certitudes, tiré par un troupeau de prêtres à la conscience blette, le nouvel ordre planétaire avance au rythme des bondieuseries intègres et des tam-tams boursiers. Bombardés nuit et jour par une morale unique destinée à nous délivrer du mal vivre, du mal penser, du mal tout court, nous avions fini par nous engourdir, tranquillisés de force nous allions nous endormir.

Et puis le diable toujours lui, le diable a jailli du fond de nous. Celui qui porte refus, révolte, lumière quand la nuit des raisonnements nous accable et que la liberté se meurt d’être le drapeau d’un monde qui n’en a plus. Enfin le diable est là et nous voila tout gigotants, vifs, ébouriffes, fantasques et résistants, nous voilà par les chemins de traverse et les routes inconnues, nous voilà loin des messes et des bibles, nous voilà a aimer le monde à l’envers et les plaisirs en vertige ! Le diable est là et nous voilà vivants.
Ce diable-là j’ai souhaité qu’il soit l’hôte du Rond Point. Jean-Michel Ribes

« Mais alors, dit Alice, si le monde n’a absolument aucun sens qui nous empêche d’en inventer un ? » Lewis Caroll


Saison 2002 – 2003

Aujourd’hui

couverture saison 2002-2003 / crédit illustration : Stéphane TrapierC’est d’aujourd’hui qu’il s’agit avant tout. Aujourd’hui qu’il faut vivre, aujourd’hui qu’il faut se souvenir et prévoir, avancer, penser, subir, aujourd’hui qu’il faut acheter les artichauts, découvrir Mars, soigner l’enfant, c’est aujourd’hui surtout qu’il faut aimer, voter, se battre, tenter de rire et de ne pas mourir, c’est aujourd’hui qu’il nous faut des auteurs vivants avec nous et partageant notre temps pour qu’ils nous disent que le monde est plus vaste, la réalité ni définitive ni obligatoire, et qu’avec le risque des mots et la liberté de l’inventer, la vie reste encore ce qu’il y a de mieux pour l’homme.

Saluons Catherine Tasca et Bertrand Delanoë mais aussi Christophe Girard et tous ceux qui ont entendu notre appel et permis que le prestigieux Théâtre du Rond-Point s’ouvre tout entier aux écritures théâtrales de ce début de siècle.

A travers les pages de ce petit livre qui vous raconte notre projet, vous décrit le nouveau Rond- Point et présente sa première saison, vous découvrirez notre désir de vous montrer la vigueur et la diversité de l’écriture contemporaine, sa drôlerie, sa beauté, sa gravité ; notre envie de vous faire connaître des créateurs rares, extravagants, visionnaires souvent oubliés dans la marge d’un art trop figé ; notre joie de fêter les retrouvailles du metteur en scène et de l’auteur vivant, et de réconcilier plaisir et culture.

Mais notre plus grand bonheur est de vous recevoir dans un lieu où toute parole, émotion, idée feront résistance à l’intolérance, à l’obscurantisme et à la xénophobie.

Je salue Jean-Louis Barrault qui a inventé ce lieu, Cherif Kaznadar et Marcel Maréchal qui l’ont animé, qu’ils soient rassurés: le Rond-Point reste plus que jamais un théâtre libre. Jean-Michel Ribes

« Mais alors, dit Alice, si le monde n’a absolument aucun sens qui nous empêche d’en inventer un ? » Lewis Caroll

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