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El Tiempo todo entero (Le Temps tout entier)
© Stéphane Trapier

El Tiempo todo entero (Le Temps tout entier)


texte et mise en scène Romina Paula avec Esteban Bigliardi, Pilar Gamboa, Esteban Lamothe, Susana Pampín
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durée 1h30

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[Chers spectateurs]> Du 8 décembre au 17 décembre 2011, afin d'assurer la tranquillité et la fluidité de l'entrée en salle des spectacles, nous vous conseillons d'arriver au théâtre 1 heure avant le début des représentations.



Car la mémoire a son siège essentiellement dans le coeur. (Tennessee Williams)

Le frère, dans La Ménagerie de verre de Tennessee Williams, se souvient. Sa soeur manipule des objets fragiles, bestioles de cristal : sa ménagerie de verre. Elle leur fait vivre la vie à laquelle elle doit renoncer. Elle est handicapée. La mère, femme faible, obéit au fils. Et on invite un homme dans la maison. Pour séduire et enlever la jeune femme. Aujourd’hui, l’auteur et metteuse en scène Romina Paula s’empare des figures de La Ménagerie, elle les projette ici et maintenant dans la mémoire de la soeur. Le monde a changé. La mère devient une progressiste, une indépendante. La soeur s’avère libre de ses choix, de sa parole, de ses mouvements. Mais comme le personnage de Melville, Bartleby, elle « préfère ne pas ». C’est elle, Antonia, qui se souvient. Loin des archétypes de la tragédie de Williams, tout le monde est libre, mais chacun reste enferré, comme retenu.

Un salon. Une lumière blanche, presque permanente. Et un temps distendu d’un présent brûlant : « Une lumière de volière, dit la metteuse en scène. Et l’absence de noirs sur la scène pour donner une sensation d’irréalité, de jour et de nuit éternels et d’altération de la perception du temps… » Et La Ménagerie devient El Tiempo todo entero (Le Temps tout entier). Car le temps s’impose comme décor et premier personnage. Le présent, « temps énorme », silence long et profond, celui que Tennessee Williams éprouva quand il comprit que sa soeur perdait la raison. Un sentiment qui lui dicta La Ménagerie, sa pièce la plus sincère, autobiographique. Née à Buenos Aires en 79, sortie diplômée en dramaturgie de l’EMAD (École d’art dramatique de Buenos Aires), parcours jalonné de prix, Romina Paula cofonde la compagnie argentine El Silencio en 2006, et travaille depuis à explorer l’intimité intense des êtres empêchés.

production Compagnie El Silencio, production déléguée Théâtre du Rond-Point / Le Rond-Point des tournées, coproduction Festival d’Automne à Paris, représentant en Europe Judith Martin / Ligne Directe, spectacle présenté dans le cadre de Tandem Paris-Buenos Aires, mis en oeuvre à Paris, par l’Institut français, la Ville de Buenos Aires, avec le soutien du Ministère des Affaires étrangères et européennes du Ministère de la Culture et de la Communication et de la Mairie de Paris, avec le soutien de l’ONDA

Manifestation organisée dans le cadre du Tandem Paris-Buenos-Aires 2011, mis en oeuvre par l’Institut français et le la Ville de Buenos-Aires et soutenu par la Ville de Paris, le ministère des Affaires étrangères et le ministère de la Culture et de la Communication (www.tandem2011.com)

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Saison 2012-2013
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La revue collaborative du Rond-Point
Il y a 49 min
 

- Alors, la Lise, ça fait un bail ! Depuis quand on n't'a pas vue ?
- La crise, mon p'tit Michel, la crise.
- À qui le dis-tu... M'enfin quand même, dans ta branche, ça se fait pas trop sentir, à ce qu'on dit ?
- C'qu'on dit, c'est une chose, c'qu'on vit, c'en est une autre. La culture, ça nourrit pas et les musées, ça coûte.
- Quand même les Jap', les richards du Golfe ? Et les Russes, on voit qu'eux !
- Oui oui ils se bousculent au bastingage, mais pour causer, c'est une autre paire de manches. Je m'ennuie, Michel, je m'ennuie !
- C'est pour ça que tu reviens, tiens : pour causer avec le Michel en bon français dans le texte !
- Eh eh, on ne peut rien te cacher.
- Tu vois, moi aussi j'm'ennuyais. Commençait à me manquer, ton accent !
- Dis-donc, je l'ai perdu, mon accent, tu pousses là !
- Teu teu, que tu crois, mais moi, j'ai l'oreille musicale et quand tu causes, ça chante, j'te dis.
- Sacré Michel, l'oreille musicale... on aura tout vu, toi qu'a fait le conservatoire avec Adamo dans un joukeboxe.
- C'est pas tout, mais qu'est-ce que je te sers, ma grande. Une p'tite mousse ?
- Allez... (bruit du flot sorti du bec, verre raclé à la spatule. Col blanc pour dame en noir)
- Attention, ma grande, tu t'es fait une moustache.
- Ah... la première gorgée de mousse... ben tu vois, mon Gérard, 500 ans de gloire, ça vaut pas un plaisir minuscule.
- Ah qui le dis-tu ! J'échangerais pas mon zinc contre tout l'or du Louvre.


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