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La chair des tristes culs
© Stéphane Trapier

La Chair des tristes culs


pièce avec chansons de Pierre Notte avec Tiphaine Gentilleau, Brice Hillairet, Chloé Olivères
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8 janv. - 9 févr., 21:00
salle Roland Topor

dimanche, 18:30
relâche les lundis et le 13 janv.


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[Découvrez également un autre cabaret de Pierre Notte, Sortir de sa mère, visible les mêmes jours à 18h30.]

Je suis en train d’apprivoiser un épluche-légumes.
Une plage. Une belle blonde, plantureuse, presque nue, bronze et chante. Surgit une petite brune rabougrie, elle fait visiter le lieu qu’on prenait pour une plage à un jeune homme. L’endroit devient un appartement miteux où le jeune homme s’installe. Il est venu pour se foutre en l’air. Mais il se rate beaucoup. C’est la blonde de la plage qui l’arrête. Problème : tant qu’il vit encore, la brune rabougrie ne peut pas faire commerce de sa chair. Elle avait en effet organisé un service de restauration rapide, pour vendre des crêpes au goût de chair tendre, sa chair à lui : des crêpes au bon goût d’humanité. Mais le jeune homme, dans l’ombre de la blonde sensuelle, reprend goût à la vie petit à petit et en chanson. Dans La Chair des tristes culs, les morts et les vivants doivent apprendre à vivre ensemble. Ils s’engueulent et se rabibochent. On chante le bonheur des fessiers musclés et le bon goût des crêpes au beurre et à la chair fondante.
Dans ce truc tendre, dingue et drôle, cabaret foutraque et raffiné, les morts finissent par mourir tranquille, en amoureux, tandis que les vivants réapprennent à vivre en se souvenant qu’ils ne sont pas déjà morts. Dans ce jardin des délices, mêmes les brunes se réconcilient avec les blondes, c’est dire si la paix dans le monde est possible. Ici, l’auteur de Moi aussi je suis Catherine Deneuve et de J’existe (foutez-moi la paix) (au Rond-Point en 2009) fait sauter les crêpes dans un petit cabaret joyeux, et accompagne ses trois acteurs magiques et sensuels au piano électrique. Tout en chansons, en surprises, en sucre et en beurre, La Chair des tristes culs raconte la réconciliation des êtres, morts et vivants, enfants perdus et pères indignes. C’est une fête grinçante où revivent des figures humaines qui se côtoyaient jusque-là sans se voir et se croisaient sans se regarder.

production la compagnie Les gens qui tombent, coproduction Théâtre du Rond-Point, Le Prisme - Centre de développement artistique / Saint-Quentin en Yvelines, soutiens DRAC Île-de-France, CG des Yvelines, Communauté d’Agglomération de Saint-Quentin en Yvelines, Arcadi, Adami, Spedidam, Théâtre Eurydice / Plaisir, La Ferme du Mousseau /Élancourt, LISAA (L’Institut supérieur des arts appliqués de Paris), résidence de création à la Fabrique Éphéméride / Val de Reuil, résidence d’artistes aux Deux îles / Montbazon, création le 16 novembre 2012 au Prisme - Centre de développement artistique / Saint-Quentin en Yvelines
publié aux Éditions L’avant-scène théâtre, collection Quatre-Vents, préface de Jean-Michel Ribes

France Musique Têtu

Saison 2012-2013
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La revue collaborative du Rond-Point
Il y a 18h
 

- Alors, la Lise, ça fait un bail ! Depuis quand on n't'a pas vue ?
- La crise, mon p'tit Michel, la crise.
- À qui le dis-tu... M'enfin quand même, dans ta branche, ça se fait pas trop sentir, à ce qu'on dit ?
- C'qu'on dit, c'est une chose, c'qu'on vit, c'en est une autre. La culture, ça nourrit pas et les musées, ça coûte.
- Quand même les Jap', les richards du Golfe ? Et les Russes, on voit qu'eux !
- Oui oui ils se bousculent au bastingage, mais pour causer, c'est une autre paire de manches. Je m'ennuie, Michel, je m'ennuie !
- C'est pour ça que tu reviens, tiens : pour causer avec le Michel en bon français dans le texte !
- Eh eh, on ne peut rien te cacher.
- Tu vois, moi aussi j'm'ennuyais. Commençait à me manquer, ton accent !
- Dis-donc, je l'ai perdu, mon accent, tu pousses là !
- Teu teu, que tu crois, mais moi, j'ai l'oreille musicale et quand tu causes, ça chante, j'te dis.
- Sacré Michel, l'oreille musicale... on aura tout vu, toi qu'a fait le conservatoire avec Adamo dans un joukeboxe.
- C'est pas tout, mais qu'est-ce que je te sers, ma grande. Une p'tite mousse ?
- Allez... (bruit du flot sorti du bec, verre raclé à la spatule. Col blanc pour dame en noir)
- Attention, ma grande, tu t'es fait une moustache.
- Ah... la première gorgée de mousse... ben tu vois, mon Gérard, 500 ans de gloire, ça vaut pas un plaisir minuscule.
- Ah qui le dis-tu ! J'échangerais pas mon zinc contre tout l'or du Louvre.


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