El Año de Ricardo (L'Année de Richard)

en espagnol surtitré

saison 2011-2012

El Año de Ricardo (L'Année de Richard)

un spectacle de et par : Angélica Liddell, et avec : Gumersindo Puche
 Avis de la presse et des spectateurs

12 - 29 janvier 2012


Salle : jean tardieu
Horaires : du jeudi au samedi, 20h30 - dimanche, 15h30
Durée : 2h

synopsis

Jamais ma langue ne put connaître un doux mot capable d'adoucir la colère.
Angélica Liddell s'empare de Richard III, loup sanguinaire de Shakespeare. Artiste ou martyr, virtuose de la performance obscène et grandiose, l'actrice et dramaturge espagnole expose la douleur du monde.


Avignon 2010 : choc et unanimité à la fois, Angélica Liddell fait l'événement. En deux spectacles, elle ébranle l'été et le rôle même du théâtre. Épopée choc, La Casa de la fuerza (La Maison de la force) révèle la puissance d'une écriture essentielle. El Año de Ricardo, d'après le monstre de Shakespeare, lâche les chiens de l'abjection. Lui, Richard III, séduit, mord, manipule pour le bonheur d'être abject, vise les pouvoirs, les obtient tous, en jouit jusqu'à la déchéance. Enragé difforme, il torture dans l'impunité et la délectation pour arriver à ses fins. En une heure, la comédienne s'empare de ce loup sanguinaire, fouille la haine jusqu'au dégoût, dissèque la cervelle et les entrailles du mal. À ses côtés, un corps sans voix, qu'elle maltraite autant que le sien. C'est Catesby, le souffre-douleur. Plus loin, un sanglier figé à qui elle se confie, en espagnol ou en français. Ici, Richard III boit des litres, recrache, urine. Il vocifère, rit, injurie, et crache les mots de Primo Levi, et vomit La Marseillaise. Il rote, éructe, animal génial.
Liddell bouleverse les attentes et les codes de jeu, elle mue, et le monstre prend corps : l'homme, capable de la Shoah et de l'oubli, ce pourri dedans et dehors. À corps perdu, elle plonge dans la maladie, la sienne et celle du tyran. Lui comme elle, maniaco-dépressifs, bouffis de bières et de calmants, s'enlisent dans leurs volcans d'émotions. Artiste ou martyre, virtuose de la performance obscène et grandiose, l'actrice et dramaturge espagnole expose la douleur du monde, l'horreur de l'autre. Pari tenu : exhiber le dégoût, disséquer les entrailles de la bête immonde. Au bout de ce chemin sulfureux et de sa terrible violence, demeurent longtemps enfin les cris des enfants morts, entre autres spectres de guerres.

distribution

Un spectacle de et par : Angélica Liddell
Et avec : Gumersindo Puche
Scénographie et costumes : Angélica Liddell
Éclairagiste : Carlos Marquerie
Lumière : Félix Garma, Octavio Gómez
Son : Félix Magalhães, Antonio Navarro
Régisseur : Carmen Menager
Assistantes de production : Maria José Fernández, Mamen Adeva
Traduction : Christilla Vasserot
Production exécutive : Gumersindo Puche

mentions de production

production Atra Bilis Teatro / Iaquinandi SL, production exécutive Gumersindo Puche,
avec le soutien du Gouvernement régional de Madrid et de l’INAEM du Ministère espagnol de la Culture 

partenaires

revue de presse avis des spectateurs

 Le JDD - Jean-Luc Bertet

20 janvier 2012
Les métamorphoses de Richard III
Une interrogation et une protestation radicales, menées sur scène avec une vitalité extraordinaire, rageusement poétique et politique.
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 Libération - René Solis

14 janvier 2012
Angélica Liddell joue le monstre
El Año de Ricardo est plus proche de la performance, un genre où Angélica Liddell a l'habitude de livrer son corps sans retenue, de l'ivresse à la scarification. Elle y interprète un monstre inspiré du Richard III de Shakespeare. Avec son Richard sensationnel et difforme, la performeuse espagnole se plaît à terrifier les spectateurs tout en se pétant dessus. Le Richard d'Angélica Liddell pousse le bouchon très loin et s'y entend à susciter le malaise chez les spectateurs.
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 Le Monde - Brigitte Salino

1 janvier 2012
Un spectacle violent, provocant et impudique
Journal de bord d'une femme dépressive et d'un monde au bord du gouffre, El año de Ricardo est un spectacle violent, provocant et impudique. Un cri.
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