mardi 5 juin 2012

Les Mardis Midi : Ulysse à Gaza



Salle Jean Tardieu

Synopsis

Lecture d'une pièce inédite à la scène de Gilad Evron
Traduction Zohar Wexler

Lecture dirigée par Zohar Wexler

Ulysse est le nom donné par les geôliers de la prison militaire israélienne à un drôle de captif. Arrêté en pleine mer sur un radeau de bouteilles vides, Ulysse a essayé de braver le blocus israélien de la bande de Gaza. Il s'obstine à dire qu'il est professeur de lettres et qu'il voulait se rendre à Gaza pour y enseigner la littérature russe. « Pourquoi russe ? » lui demande Maître Isakov, son avocat commis d'office. Ulysse lui répond qu'un million et demi de personnes enfermées sur cette bande de terre si étroite ont besoin d'espace et d'étendues infinies, seule la littérature russe peut le leur offrir. Dans la prison militaire où il purge sa peine, il résiste à toutes les humiliations pour rester lui-même. La littérature, tant chérie, lui vient en aide. Les personnages de Tolstoï, Tchekhov, Dostoïevski mais aussi ceux de Boulgakov et Nabokov accompagnent sa solitude.

Extrait
ISAKOV - Vous vouliez enseigner la littérature.
ULYSSE - La littérature russe.
ISAKOV - Pourquoi russe précisément ? On vous l'a demandé ? Vous avez été invité ? Vous croyez que là-bas, les Gazaouis ont particulièrement besoin de littérature russe ? Vous voyez, c'est pour ça que vous êtes suspect.
ULYSSE - Qui n'a pas besoin de littérature russe ?
ISAKOV - Moi, moi par exemple, je n'ai pas besoin de littérature russe.
ULYSSE - Tu en as besoin. Je te prescrirai deux livres par semaine, en perfusion.
ISAKOV - Mais pourquoi russe ? Peut-être que les habitants de Gaza auraient préféré la littérature française ?
ULYSSE - Non. Non. Russe. La Française est trop dansante. Ils ont besoin d'espace, de grandes étendues que la littérature française n'a pas. Pour toi, Victor Hugo conviendra sans doute ou peut-être même Maupassant, mais pour eux non ' que Russe.

Né à Tel-Aviv en 1955 dans une famille d'intellectuels, d'un père critique de théâtre et directeur d'une école de formation d'acteur, Gilad Evron a 18 ans lorsqu'éclate la guerre du Kippour. Faisant alors son service militaire obligatoire, il subit un traumatisme de guerre et perd la mémoire (ce sujet reviendra souvent dans son oeuvre et notamment dans sa pièce Jéhu, présentée au Théâtre National Habima, qui lui valut un prix prestigieux en 1993). Après avoir travaillé comme plasticien et éducateur dans des milieux défavorisés en Israël, il se consacre depuis le milieu des années 1980 à l'écriture théâtrale et cinématographique. Il est l'auteur d'une dizaine de pièces parmi lesquelles Jéhu, Ciel et Le Diable de Châtillon (traduites en français par Zohar Wexler). En 2001, il publie son premier recueil de nouvelles. En 2009, paraît sa première anthologie de théâtre. Gilad Evron est connu pour la virulence de sa critique envers la société israélienne.

Mentions de production

production Le Réséda – Cie Zohar Wexler
sélection du Comité de lecture du Théâtre du Rond-Point

entrée libre renseignements au bureau des EAT au 01 44 06 62 77
sur www.theatredurondpoint.fr ou par mail à infolectures@eatheatre.fr
conception et direction Louise Doutreligne, coproduction Théâtre du Rond-Point, les EAT (Écrivains Associés du Théâtre), Amd (À Mots Découverts), Influenscènes 

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